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L’ADVP : une méthode incontournable pour accompagner le choix professionnel !

« S’orienter, c’est chercher à faire son bonheur ». Telle est la conception de l’homme et du monde selon la méthode ADVP : Activation du Développement Vocationnel et Personnel. Cette méthode d’accompagnement à l’orientation et au projet personnel et professionnel est née dans les années 70 à l’Université de Laval au Québec. Les auteurs Denis Pelletier, Charles Bujold et Gilles Noiseux se sont inspirés de nombreux travaux théoriques sur le choix professionnel, notamment ceux d’Eli Ginzberg, Donald E.Super ou encore Tiedeman et O’Hara.

Selon cette méthode, pour s’orienter et choisir son métier, la personne accompagnée, appelée au Québec « consultante », doit réfléchir (habiletés cognitives spécifiques) à des contenus sociaux et de savoir être (apprendre à se connaître, connaître le monde des activités humaines et comprendre son milieu social et son entourage). Son conseiller, qui a davantage une posture d’accompagnateur, lui propose des mises en situations psychopédagogiques ou expériences qui vont l’aider à réfléchir et à prendre conscience de qui elle est et de la place qu’elle souhaite occuper dans la société. L’ADVP s’utilise aussi bien en individuel qu’en collectif.

La méthode distingue quatre étapes : l’exploration (découvrir), la cristallisation (comprendre), la spécification (hiérarchiser et choisir) et la réalisation (agir). Avant d’agir, il est nécessaire de réfléchir à ce qui a du sens pour soi même. C’est ce travail de compréhension de sa zone de satisfaction professionnelle (les métiers, domaines, conditions et vie acceptables pour soi), nécessaire avant toute action, qui est très souvent négligé. La plupart des personnes ne suivent pas ces étapes pour construire leur orientation professionnelle car les choix réalisés sont plus souvent subis que réfléchis (c’est le pouvoir de l’environnement). Ces étapes représentent cependant un cadre logique et naturel pour les personnes en réflexion sur leur avenir professionnel et qui permettent au conseiller d’organiser plus finement son accompagnement.

Une méthode profondément humaine

L'ADVP s’appuie sur l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers (Prise en compte des émotions, accueil inconditionnel, non jugement, etc.). C’est donc une méthode profondément humaine, qui replace l’individu au cœur de son projet professionnel et acteur de sa vie.

C'est une méthode de plus en plus plébiscitée aujourd’hui par les conseillers qui accompagnent le choix professionnel : les conseillers en Mission Locale, les conseillers de l’EPIDE, les professionnels du bilan de compétences et de l’outplacement, etc. Elle est utilisée pour accompagner tous les publics, des publics fortement éloignés de l’emploi à des cadres en reconversion. Les conseillers formés modifient généralement leur méthode d’accompagnement et reprennent du plaisir dans leur métier, car suffisamment outillés pour redonner toute la place à l’accompagné (le consultant).

Quelques organismes seulement forment à cette méthode en France. Alèthéia Formation est un des organismes reconnus pour assurer des formations en ADVP sur la France entière. La formation « structurer sa pratique d’insertion et d’orientation avec l’ADVP », qui se déroule sur une semaine, est ouverte à tous les professionnels de l’accompagnement au choix professionnel. A l’issue de cette semaine de formation, ces derniers repartent avec des outils concrets et des mises en situation directement utilisables sur leur terrain professionnel.

Pour en savoir plus : http://aletheia-formation.com  

Comment gérer ses émotions de fin de journée ?

Avoir des émotions, « c’est comme respirer », « on ne peut pas ne pas être ému »*. Les émotions nous gouvernent au quotidien, leur échapper est impossible. Nous ne pouvons les séparer de notre être, elles font partie de nous. Pour autant, dans nos sociétés, nous avons beaucoup de difficultés à les connaître, à les comprendre, à les divulguer, à les partager et à les utiliser de façon adéquate. Il est presque honteux d’être en colère, triste ou encore apeuré. La joie est souvent dissimulée.

Chaque émotion possède une fonction vitale

 

La peur est un réacteur qui nous prévient d’un danger imminent, elle est un garde fou pour éviter de prendre trop de risque pour sa vie. A l’inverse, elle peut paralyser et par conséquent limiter les chances de survie. La tristesse, qui nous déprime, nous accompagne aussi à faire des choix plus en phase avec nos intérêts et nos valeurs (afin d’éviter la reproduction de cette sensation désagréable). C’est une émotion qui sert de boussole. Elle permet aussi de prendre du recul, de se mettre en mode « cocooning ». La joie est transcendante mais peu être douloureuse après coup. Elle est une sensation forte recherchée au quotidien, elle créée l’enthousiasme, la créativité, aide à prendre une décision. Elle nous conduit aussi à prendre des risques et peut vite devenir une addiction. La joie n’est que passagère, d’où son versant dramatique (à la différence de la bonne humeur ou de bonheur, moins intense mais plus durable). Enfin, la colère est un carburant qui nous prépare à la confrontation face à une injustice vécue, un désaccord sur des valeurs, une frustration ou encore une agression. Nous pouvons aussi être en colère contre nous-mêmes car nous avons mené des actions à l’insu de nos valeurs et notre identité, ou parce que nous avons été guidés par des injonctions contraignantes. La colère refoulée a des conséquences néfastes sur la santé physique et psychique : cela provoque l’effet « cocotte minute », à un moment, cela explose d’une façon ou d’une autre. C’est une émotion compliquée à gérer et socialement rejetée.

L'effet papillon

 

En fin de journée, après avoir passé une journée de travail harassante, passé du temps dans les transports, avoir répondu à des demandes, parfois un peu « violentes », transmises par injonctions par les autres ou par soi même (« il faut que », « tu dois », « tu ferais mieux de… », « je dois… ») et, enfin, avoir couru pour satisfaire tout le monde (« fais plaisir »), il est tout à fait légitime de vous sentir submergé par les émotions. Dans ce cas, c’est souvent la colère qui est en jeu (parfois mêlée de tristesse ou de peur). Néanmoins, étant donné que dans le milieu professionnel, il est plutôt inconvenable d’exprimer sa colère, sa tristesse ou sa peur, vous avez enfoui tout cela, et réalisé ce que l’on appelle communément le « collage de timbres ». Le moment où la goutte d’eau déborde du vase peut arriver à n’importe quel moment et, c’est malheureusement dans un autre de vos domaines de vie (le couple, la famille, la vie sociale, etc.) que cela se produit. Avec la colère, par exemple, la moindre petite étincelle suffit à faire enflammer le tout, alors même que la cause est souvent bien antérieure à l’explosion. C’est l’effet papillon. Une remarque d’un collègue au café peut se répercuter sur la soupe du soir. Combien de soirées conflictuelles pourraient être évitées, voir même des ruptures, si vous vous autorisiez un sas de décompression avant de changer de domaine de vie ? Combien de soirées gâchées en moins si vous preniez en compte ce qui se joue en vous au niveau émotionnel à l’instant où vous devez changer d’univers ? Et si vous preniez cinq minutes pour retrouver la cause de votre colère, de votre tristesse, de votre peur au moment où vous franchissez la porte, qu’est ce que cela pourrait changer dans votre fin de journée ?

Comment votre colère pourrait vous servir ensuite de carburant pour faire du sport ? aider votre conjoint(e) ? œuvrer pour une association ? jouer avec vos enfants ? etc.

Dans ce sas, comment votre peur pourrait vous servir à être attentif exactement là ou c’est nécessaire ? à faire vos comptes ? à prendre soin de vos enfants ? de votre conjoint(e) ?

Dans cet interlude, comment votre tristesse vous offrirait l’occasion de vous occuper de vos besoins ? méditer ? vivre votre art ou encore vous relaxer ?

Et votre joie de vivre ? En quoi pourrait-elle vous être utile ce soir ?

    * François LELORD, Christophe ANDRE, La force des émotions amour, colère, joie, Odile Jacob 2003.

Les managers en automne

En automne, les feuilles commencent à tomber, les journées se raccourcissent, la lumière est moins vive. Ces changements naturels sont propices à la remise en question, au doute, à la désynchronisation. Cette période peut être source de changement voire de transition car on commence à ressentir l’incertitude. L’hiver approche et il peut être long. L’hiver marque véritablement la fin de quelque chose, d’une époque, d’une façon d’être ou de faire et l’automne permet de s’y préparer.

Les managers d’aujourd’hui sont en automne. Ils sont contraints de composer avec les changements de société qui se produisent plus ou moins rapidement devant leurs yeux. Ils se retrouvent coincés entre des objectifs de productivité, martelés à longueur de temps par leur direction, les médias, les injonctions sociétales et des changements de valeurs générationnelles. Dès lors, comment manager une équipe lorsque ces valeurs générationnelles sont en pleine mutation ?

Un manager a ses propres contraintes car il doit souvent répondre aux exigences de sa propre hiérarchie qui demande toujours plus et plus vite. Parallèlement, il a pour rôle essentiel de transmettre l’énergie à son équipe qui, en bout de chaine, se doit aussi d’être performante.

Mais comment peut-il transmettre ses exigences à l’heure du « toujours plus » (provoquant comme on le sait de lourdes conséquences sur les risques psychosociaux) ? Comment manager des personnes qui vivent au quotidien dans un état de perte de sens dans le cadre d’un management directif ou pyramidal ? Ce dernier est encore pratiqué en grande majorité dans les entreprises et les institutions. En effet, la génération qui a pour valeurs l’autonomie, la quête de sens, la réalisation de projets collectifs partagés, le développement personnel et professionnel « ne désire pas travailler dans l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui ». Il ne s’agit pas une fiction, c’est un fait concret et les nombreuses études sur les générations Y et Z qui se multiplient sur le web viennent étayer cet argument. A l’heure où à l’échelle gouvernementale, on souhaite généraliser le CDI, ce type de contrat est un train de mourir à petit feu, lentement et naturellement. Le travailleur d’aujourd’hui considère une entreprise comme un mouchoir en papier : si elle ne lui convient plus, il change et il faudra user de malice et surtout de bienveillance pour le retenir. Ce sont des réalités qui n’existaient pas il y a encore 10 ans et qui posent le problème de la pérennité des postes. La notion même de « travail » est en pleine mutation, au point même que dans certains pays (Finlande) le revenu minimum universel (ou revenu de base) soit en passe d’être expérimenté.

Le vent d’octobre commence à souffler

 

Le dicton dit « il faut savoir vivre avec son temps ». C’est donc au manager de se remettre en question car dans le cas inverse, il se heurte à un mur. Le manager focalisé sur des notions de chiffres et des objectifs de rentabilité (le comptable régulateur), fait aujourd’hui fausse route. S’il veut éviter que son rôle devienne archaïque, le manager de demain est celui qui saura davantage déléguer, qui saura se mettre à égalité avec ses subordonnés (ses collègues ?), qui saura redonner du sens, une vision et construire un projet collectif. Il aura aussi pour savoir-être de transmettre de la confiance, de l’énergie et saura valoriser la créativité et les idées nouvelles. Il devra aussi accepter le fait qu’il ne puisse pas tout contrôler. Il aura le droit à l’erreur et cela lui confèrera de l’humanité au regard de son équipe. Le manager du XXIème siècle sera celui qui réussira à garder et fédérer « ses troupes » autour de lui. Son rôle va radicalement changer : de comptable ou gestionnaire, il deviendra « accompagnateur, coach » et sera un grand communiquant.

Par ailleurs, la notion de temps de travail est de plus en plus remise en question. En effet, des plages dédiées au télétravail (pour des raisons écologiques, avec moins de perte de temps dans les transports) seront de plus en plus aménagées. Cette nouvelle réalité rendra le contrôle du manager envers ses employés beaucoup plus difficile.

Le manager doit prendre en compte tous ces changements et s'y préparer car le vent d’octobre commence à souffler : « Winter is coming ».